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Some articles and press releases regarding Mushy Widmaier:
| A voix basse : haute tension poétique |
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Une invitation, une fenêtre ouverte
pour laisser entrer le rêve. Beau rêve annonciateur d'un jour heureux,
d'un lendemain qui chante.
Puis la voix change de propos au fur
et à mesure que le monde tourne autour du disque (le monde des poètes),
sans rien perdre de son humanité. Mais tout cela, pas avant de déposer
« le premier mot, celui qui déride la mer ».
A un moment où
l'audiovisuel semble sceller son triomphe sur l'écrit, tant les
lecteurs tendent à fermer les yeux pour davantage prêter l'oreille à
l'audio, force est de croire à l'urgence de faire des créations audio
pour mieux vulgariser, sinon macdonaliser la poésie. Quitte à remplacer
la dure loi des caïds, des coupe-gorge qui hantent trop souvent le
quotidien par le chant des poètes. Quotidien qui semble mieux
s'accorder à la poudre qu'à la farine... « Tout concourt aux grandes
festivités de la mémoire éclatée ».
« A voix basse », volume
2, production sonore est un florilège, à en juger par le choix des
textes fait par le diseur. Choix obéissant à une thématique
pluridimensionnelle soigneusement concoctée sans tomber dans le piège
d'une diversité pour divertir, du délire facile, sans fil conducteur,
sans fil d'Ariane. Ici la voix règle, propose, s'oppose à la ménopause
du cliché. Tantôt sereine, tantôt foudroyante, la voix en métronome
change de registre tout en gardant son élan/allant naturel.
Un
grand diseur peut être reconnu par le choix des textes qu'il dit. Même
si tout est une question de goût ou de couleurs, un chef-d'oeuvre
demeure tel dans les quatre coins du monde avec tout ce que cela
renferme de contradictions. Reggiani rayonne encore de mille éclats
quand il colle un « Le dormeur du val » au poème « Le déserteur » de
Boris Vian, ou en faisant l'alliage d'un Baudelaire sublimant encore la
chanson « Sarah » de Georges Moustaki.
Un diseur de pur sang
peut être aussi reconnu pour son audace, son adresse de rendre beau un
texte qui ne l'est pas. Dans ce dernier exercice, le diseur
Lobodiabavadra est passé maître. C'était un grand lecteur qui savait
aussi se livrer à des risques d'alpiniste. Il est demeuré un acrobate
jusqu'à sa mort vertigineuse.
Le CD « A voix basse », volume
2, a bénéficié de la dextérité du pianiste Mushi Widmaier qui semble
bien retenir la leçon de Rimbaud dans le célèbre poème « Voyelles »,
nous montrant que les voyelles/les mots, ont une couleur.
Ainsi
le pianiste a-t-il bien marié chaque note aux moindres inflexions de la
voix du diseur. Celui-là, par des silences doctrinaux, silences
étudiés... par cœur jouit du corps du poème à travers ses données
supra-sensorielles, investit l'œuvre dans toutes ses « zones de non
droit ». Ce qui provoque chez l'auditeur, des chavirements, des
transports le conduisant sans parachute dans un autre monde. Sans
billet de retour.
Dans le poème « Spasme » de Frankétienne,
des notes produisant un bazar ordonné, donnant lieu à un univers
bizarrement déchiré. Un chaos-monde. Schéma correspondant de manière on
ne peut plus parfaite au tempérament, aux réflexes spiralistes de
Frankétienne, ce sphinx prolixe de la littérature haïtienne.
Dans
le poème « Wout » de Lyonel Trouillot, la voix hante le texte en
rendant plus lisible ses fantômes, « tandrès ou se lye verite m' / zafè
metrès ak Danmbala / zafè lavyèj ak pèpetyèl / mwen sè vi lwa k'sot nan
kè-w ».
L'auteur bouscule les légendes, désacralise les
dieux, les loas du panthéon vaudou pour imposer sa propre loi, fonder
sa propre vision du monde sur le socle de l'amour, celui que son cœur
cuisine pour sa bien-aimée.
Chez Pierre Brisson, le don de se
faire sien, de s'approprier des textes en leur insufflant un supplement
d'âme est un fait clinquant. Comme par un effet d'alchimie une bouche
aurait surgi du poème afin d'exprimer « A voix basse » sa transe d'être
malgré les vents contraires et les marées qui nous habitent.
Dans
cette voix calme et grave, habite une fraîcheur d'où jaillit une source
vive pluie étincelante de générosité. Réserve d'une forte chaleur
humaine.
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